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Vers une Encyclopédie Systémique |
Nous avons le plaisir de mettre en ligne, avec l'autorisation de l'IEEE
que nous remercions, un article fondamental de Norman Balabanian.
Nous souhaitons que cet article, toujours d'actualité, ouvre un débat au sein de la communauté technologique. On the Presumed Neutrality of Technology Norman Balabanian, winter 2006, 1st version 1980 L’éducation technologique à l’école moyenne en France ; Problèmes de Didactique curriculaire Jean-Louis Martinand, mars 2007 Soyons honnêtes : supprimons la technologie au collège Jean-Louis Martinand et Joël Lebeaume, mars 2007 |
Nous avons pu récupérer un texte fondamental sur "L'analyse de la complexité technologique" (ACT) de Pierre Gonod publié dans le N°2 de la Revue d'Économie Industrielle, 1982. La méthode de l'ACT est opérationnelle à l'ONUDI. Cet article a servi de base de réflexion aux "policy-makers" de nombreux pays en développement, notamment la Chine et l'Inde, pour leur stratégie de développement des biens d'équipement.
L'analyse de la complexité technologique
Pierre Gonod, mai 2007 |
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Des réalités au cœur de nos économies et de nos sociétés…
Même les activités ou les réalités les plus immatérielles sont affectées : l'art, la créativité, les processus cognitifs… Elle opère l'environnement, si bien qu'à côté de la biosphère on considère maintenant la "technosphère" qui a la capacité de détruire la première, posant à l'humanité un défi sans précédent. Sa puissance tient, notamment, à la capacité des technologies de se combiner entre elles pour former des ensembles de plus en plus complexes. La maîtrise de la technologie émerge comme une commande sociétale nouvelle. Il y a un rapport dialectique entre la technologie et la société. Si la technologie façonne la société, elle, est façonnée par elle. La technologie est un produit social : produit des hommes et de la société. Ce sont les hommes et les femmes qui ont développé les connaissances acquises et produisent de nouvelles connaissances, par une exploration systématique. Ce sont les hommes et les femmes qui, à partir de là, cherchent de nouvelles solutions pour faire les choses qu'ils font ou souhaitent faire. Et ce sont les hommes et les femmes aussi qui, sur ces bases, mettent au point et développent les savoirs et les savoir-faire nécessaires dans les diverses activités. Ce sont aussi les hommes et les femmes qui utilisent ces produits et qui, sur cette base, spécifient les besoins, orientent les choix, et permettent les processus cumulatifs d'amélioration des technologies. On sait que, souvent, ce n'est pas parce qu'une technologie est bonne qu'elle est utilisée, mais qu'elle est (devenue) bonne parce qu'elle a été utilisée et, pour cette raison, améliorée. En raison de la multitude et de la convergence des contributions complémentaires, c'est la société en tant que telle qui produit les technologies. La technologie ce sont des avancées, mais aussi des externalités et des risques. Le développement de nos économies et de nos sociétés est, dans une très large mesure, fondé sur ce que l'on appelle "les progrès de la technologie". Et il est vrai que dans nombre de domaines des progrès substantiels ont été réalisés, en particulier depuis un siècle. On connaît les progrès qui se traduisent en termes de "niveaux de vie" inégalés : santé et longévité, alimentation et nutrition, déplacements et loisirs, communication… Il n'y a pas cependant que des aspects positifs. Il y a aussi les effets négatifs, directs et indirects, qui doivent être pris en compte et gérés. Il y a des externalités nombreuses, c'est-à-dire des effets non recherchés, mais qui existent et qui affectent des populations, immédiatement ou plus tard. Les exemples typiques sont évidemment les déchets toxiques et les diverses formes de pollution. Il y a aussi des risques - de plus en plus nombreux - liés à la complexité et à la fragilité résultante des systèmes. On parle de plus de "risques systémiques", liés aux interdépendances généralisées avec la globalisation. Il y surtout des risques majeurs, dont les accidents nucléaires restent l'exemple.
Le projet de l'Encyclopédie Systémique de la Technologie (EST)
Chargé au cours des années 70 d'un programme de transfert technologique au sein de l'Organisation des Etats Américains (OEA), il avait conduit ce programme comme une "opération système" pour modifier les conditions d'accès à la technologie des pays latino-américains. Il fallut pour cela comprendre les transferts technologiques comme un système et, à partir de celui-ci, bâtir un contre-système pour modifier le premier. Ses activités au sein de l'Organisation Internationale pour le Développement Industriel (ONUDI) et du Bureau International du Travail (BIT) l'amenèrent à la conclusion que le problème n'était pas seulement de comprendre les transferts mais la technologie elle-même. Il entreprit, en conséquence, de tenter de modéliser l'édifice technologique. Différents essais furent entrepris pour tester la possibilité de créer une Encyclopédie Systémique de la Technologie, un prototypage conclut positivement. Un colloque international fut organisé sous l'égide de l'UNESCO et du CNRS sur la thématique du "contrôle social et de la maîtrise de la technologie" (colloque MASTECH septembre 1991). En conclusion du colloque, l'EST figurait parmi les principaux instruments du contrôle et de la maîtrise. La disparition de la Direction des Affaires Scientifiques de l'UNESCO ne permit pas le démarrage du projet. Une opportunité surgit à l'Union Européenne, dans le cadre du programme Leonardo di Vinci de lancer un programme. La base logistique du projet et son management fut exercé par le Pr Jacques de Bandt au sein de l'IDEFI-CNRS à Sophia-Antipolis. Le projet fut baptisé Encyclopédie Multimédia Européenne de la Technologie (EMET). Le développement d'Internet permit la création d'un site. EMET, à la demande de la Commission de l'UE, fut orienté vers l'éducation technologique. C'était un des objectifs du projet initial EST, mais dont on pensait qu'il impliquait une activité préalable considérable. Les délais d'EMET ne permettaient pas d'atteindre pleinement cet objectif, néanmoins des pistes ont été proposées. Par ailleurs il est apparu qu'un tel projet demandait une orientation systémique des décrypteurs de la technologie, ce qui ne fut pas toujours le cas. Enfin, les déboires de la Commision et du programme Leonardo di Vinci laissairent le projet en déshérence. Le site fut fermé. Aujourd'hui la montée des problèmes sociétaux incite à reprendre le projet. C'est ainsi que la crise du CPE, avec le problème du chômage des jeunes, soulève la question des relations entre l'emploi et la technologie, et la formation à celle-ci. Technopédie présente une sélection d'articles souvent anciens mais essentiels pour comprendre l'actualité qui sera entretenue en ouvrant sa chronique à votre collaboration. |
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